Batch cooking traduction : « cuisine par lots », ou « cuisine en fournée ». Le mot est anglais, la pratique est vieille comme les cuisines familiales : on cuisine une fois, en grande quantité, pour manger plusieurs fois. Voici ce que signifie l'expression et d'où elle vient. Puis comment la méthode fonctionne en quatre étapes, ce qu'elle apporte réellement, ses limites, et par où commencer sans abandonner au bout de deux semaines.
En bref
- Batch veut dire « lot » ou « fournée » en anglais ; batch cooking, c'est cuisiner par lots, en une session, les repas de la semaine.
- La méthode telle que la présentent les livres : « cuisiner à l'avance les dîners de la semaine », en « 1 heure ou 2 maximum » le dimanche, d'après la présentation du livre de Keda Black chez Les Libraires.
- La règle de sécurité qui rend la méthode possible : réfrigérer dans les 2 heures et consommer dans les 3 jours, selon l'ANSES ; au-delà, congeler.
- Quatre étapes : le menu, la liste de courses, la session de cuisson, le stockage.
Batch cooking traduction : ce que veut dire le mot
En anglais, un batch est une quantité produite en une seule opération. Une fournée de pain est un batch. Un lot de pièces en usine est un batch. Le mot vient du vieil anglais et partage sa racine avec « bake », cuire au four : le batch, c'est d'abord ce qui sort du four en une fois. Batch cooking, c'est donc littéralement « cuisiner en fournée ».
En français, il n'existe pas d'équivalent en deux mots. On dit « cuisiner pour la semaine », « préparer ses repas à l'avance », ou, au Québec, « cuisine en lots ». L'expression anglaise s'est imposée en France vers 2017-2018, avec une vague de livres de cuisine. Keda Black en a publié plusieurs chez Marabout, dont un guide pour débutants de 192 pages paru en janvier 2022, selon Les Libraires. Sa quatrième de couverture donne la définition la plus simple.
« Cuisiner à l'avance les dîners de la semaine. » Les Libraires, Mes premiers pas en batch cooking, Keda Black, Marabout
À l'atelier, la question qui revient : est-ce que ce n'est pas simplement ce que faisaient nos grands-mères. Oui. Le pot-au-feu du dimanche mangé jusqu'au mercredi, le colombo qui se réchauffe, la soupe de la semaine. Le batch cooking met un nom, une méthode et une liste de courses sur une pratique ancienne.
Comment fonctionne le batch cooking, en quatre étapes
Le menu de la semaine
On choisit cinq dîners, en général du lundi au vendredi, avec des bases communes. Un riz cuit en grande quantité sert à trois repas. Un colombo se mange deux soirs. Des légumes rôtis vont dans une salade, puis dans une quiche. Le menu part de ce qu'on a envie de manger et de ce qui se conserve bien, pas l'inverse.
La liste de courses
À partir du menu, on écrit une liste unique, par rayon. Une seule session de courses, en général le samedi. Cette liste évite les achats en double et les oublis qui font commander une pizza le jeudi. C'est là que se joue une bonne part du gain financier.
La session de cuisson
Le dimanche, en 2 heures environ, on cuit toutes les bases : féculents, légumes, une viande ou un poisson, une sauce, une soupe. On enchaîne les cuissons qui ne demandent pas d'attention (four, casserole de riz) avec celles qui en demandent (poêle, sauce). L'ordre compte : le four d'abord, les cuissons longues ensuite, les préparations froides pendant que ça cuit.
Le stockage
Tout refroidit vite, puis va dans des boîtes hermétiques au réfrigérateur, étiquetées avec le jour prévu. Le geste qui change tout : mettre au froid dans les 2 heures. L'ANSES le formule ainsi.
« Placez les aliments au réfrigérateur au plus tard 2 heures après leur préparation. » ANSES, Hygiène domestique : 10 recommandations à retenir
Les plats cuisinés se consomment dans les 3 jours, dans la zone la plus froide, entre 0 et 4 °C, selon la même fiche ANSES. Ce qui est prévu pour le jeudi et le vendredi passe donc au congélateur le dimanche soir, et redescend au réfrigérateur la veille.
| Étape | Quand | Durée | Outil |
|---|---|---|---|
| Menu | Vendredi soir | 15 min | Un carnet, cinq lignes |
| Courses | Samedi | 1 h | Liste par rayon |
| Cuisson | Dimanche | 2 h | Four + 3 feux + planches |
| Stockage | Dimanche, dans les 2 h | 15 min | Boîtes hermétiques, étiquettes |
| Réchauffage | Chaque soir | 10 min | Casserole ou four |
Les avantages prouvés, et ceux qu'on exagère
Ce que la méthode apporte de façon mesurable tient en quatre points. Du temps le soir, réduit à un réchauffage de 10 minutes. Une seule session de courses. Moins de gaspillage alimentaire, puisqu'on achète ce qui est prévu et qu'on cuisine tout. Et des repas plus équilibrés qu'une commande de dernière minute, parce qu'ils ont été pensés à froid. Sur les quantités, les grammages de référence donnent des repères. Comptez 100 à 120 g de viande et 200 à 250 g de féculent cuit par adulte, selon le GEM-RCN 2015. Cuisiner par lots permet de les respecter sans y penser.
Ce qu'on exagère : l'économie d'argent. Elle existe, mais elle vient des courses planifiées, pas de la cuisson groupée. Et le « zéro cuisine en semaine » : il reste le réchauffage, une salade à assaisonner, un riz à recuire le mercredi. Le batch cooking réduit le quotidien, il ne le supprime pas.
Les limites et les inconvénients
La méthode a un coût d'entrée : un dimanche après-midi, des boîtes, un congélateur avec de la place. Elle lasse si les cinq dîners se ressemblent. Elle demande de connaître ce qui se conserve. Une salade verte assaisonnée le dimanche est immangeable le mardi, un riz cuit se garde 3 jours au maximum, un poisson cuit 24 heures. Et elle impose une discipline de froid que l'ANSES rappelle pour tous les plats maison. Entre 0 et 4 °C, « la multiplication des micro-organismes pathogènes est soit stoppée, soit considérablement ralentie », selon l'ANSES. Pas au-delà de ces températures.
Attention : Le batch cooking n'est pas une méthode de conservation, c'est une méthode d'organisation. Elle ne fait pas durer les aliments plus longtemps. Elle suppose au contraire de bien connaître les durées, plat par plat, détaillées dans conserver les aliments au frigo.
Ce qu'on économise vraiment
L'argument financier est le plus répété et le moins précis. Le batch cooking fait économiser sur trois postes. Les repas de dernière minute, livraison ou plat préparé, remplacés par un plat maison à 2 ou 3 euros la portion. Les achats en double, évités par la liste unique. Et les aliments jetés, parce que tout ce qui est acheté est cuisiné le dimanche. Ce qu'il ne fait pas économiser : le coût des ingrédients eux-mêmes, identique qu'on cuisine le dimanche ou le mardi. Une famille de quatre qui commandait deux repas par semaine économise l'équivalent de ces deux commandes. Une famille qui cuisinait déjà tous les soirs économise surtout du temps et du gaspillage. Le gain existe, il dépend du point de départ.
Le matériel qui compte, et celui qui ne sert à rien
Pour pratiquer, il faut peu de choses. Une dizaine de boîtes hermétiques de 1 litre, en verre de préférence, qui passent du frigo au four. Du ruban de masquage et un marqueur pour l'étiquetage. Un four, trois feux, deux grandes casseroles, une plaque de cuisson, deux planches. Un réfrigérateur réglé entre 0 et 4 °C, vérifié au thermomètre, selon la fiche ANSES. Un congélateur avec au moins un tiroir libre.
Ce qui ne sert à rien au début : le robot cuiseur multifonction, les boîtes sous vide, l'application de menus payante. Ils viennent plus tard, si la pratique s'installe. Les livres de la méthode, eux, servent pour les premiers menus. Ils proposent des recettes « pour quatre personnes » et un plan de session, selon la présentation du guide de Keda Black chez Les Libraires.
Par où commencer
Chez nous, on dit : on ne commence pas par cinq dîners, on commence par deux. Le premier dimanche, cuisez une base de riz, un colombo de poulet pour deux soirs, comme dans colombo de poulet au lait de coco, et une soupe de légumes. C'est trois boîtes, une heure de cuisine, et déjà quatre dîners réglés. Le deuxième dimanche, ajoutez une salade de lentilles et des légumes rôtis. Le troisième, un plat à congeler.
Trois erreurs qui font abandonner : viser trop de plats la première fois, cuisiner sans liste, et sauter l'étiquetage des boîtes, qui fait qu'on ouvre tout pour trouver le mardi. Des menus complets sur une semaine, avec des bases créoles, sont dans idées de batch cooking.
Ce dimanche, écrivez cinq lignes, une par dîner, et cuisez-en deux. Vous aurez compris le batch cooking, sa traduction et sa méthode, avant d'avoir fini la vaisselle.
Questions fréquentes
Comment traduire batch cooking en français ?
Littéralement « cuisine par lots » ou « cuisine en fournée ». En pratique, on dit « cuisiner pour la semaine » ou « préparer ses repas à l'avance ». L'éditeur Marabout résume la méthode par « cuisiner à l'avance les dîners de la semaine », selon la présentation du livre de Keda Black chez Les Libraires.
Comment prononcer batch cooking ?
« Batche kou-king », avec un « a » ouvert comme dans « patch » et un « tch » final. Le mot est anglais et n'a pas d'équivalent court en français ; les Québécois disent parfois « cuisine en lots ». On peut très bien dire « je cuisine pour la semaine » sans perdre personne.
Combien de temps dure une session de batch cooking ?
Entre 1 h 30 et 3 heures selon le nombre de repas. Les livres de la méthode annoncent « 1 heure ou 2 maximum » pour cinq dîners, d'après la présentation chez Les Libraires. À l'atelier, on compte 2 h 30 la première fois, puis 2 heures une fois les gestes rodés.
Le batch cooking est-il sûr côté conservation ?
Oui si on respecte les règles de l'ANSES : réfrigérer dans les 2 heures après cuisson, entre 0 et 4 °C dans la zone la plus froide, et consommer les plats cuisinés dans les 3 jours. Au-delà, on congèle. Les détails plat par plat sont dans conserver les aliments au frigo.
Sources
- Les Libraires, Mes premiers pas en batch cooking, Keda Black, Marabout, 2022
- ANSES, En cuisine, le meilleur ingrédient, c'est l'hygiène
- ANSES, Hygiène domestique : 10 recommandations à retenir (2017)
- ANSES, Infographie Respecter la chaîne du froid (2021)
- Référentiel Restauration Collective, grammages GEM-RCN (2015)
